samedi, 06 octobre 2007

Le scandale EADS, vers un changement des mentalités

Le pré-rapport de l’Autorité des Marchés Financiers a fait l’effet d’une bombe. L’accusation de délit d’initié, portée contre les anciens dirigeants de la compagnie et ses principaux actionnaires, renvoie à la vente massive d’actions en 2005 et 2006, précédant la publication des difficultés d’EADS qui avait fait dégringoler son cours en Bourse.

 

Noël Forgeard, président de la compagnie jusqu’à son départ en juillet 2006, avait déjà été pointé du doigt tout au long de la campagne présidentielle pour avoir quitté une entreprise en état de crise, imputable à sa mauvaise gestion, avec un chèque de remerciement de plus de 8 millions d’euros.

  

Si c’est désormais à la justice de faire toute la lumière sur cette nouvelle affaire, celle-ci fait tristement écho aux appels de Nicolas Sarkozy et du gouvernement à la « moralisation du capitalisme financier ».

  

Nous pouvons en effet tirer un double enseignement du cas EADS, qui contribue à ternir l’image des entrepreneurs, et plus généralement, de nos entreprises, qui font pourtant la richesse de notre pays.

  

Tout d’abord, il est nécessaire de remettre à plat le système de rémunération des dirigeants de ces grandes compagnies, en le liant à une obligation de résultat : la propension de certains grands PDG à se voir attribuer des rétributions toujours plus faramineuses et déconnectées de l’activité de leur entreprise doit cesser. La loi TEPA du 21 août 2007 va dans ce sens et espérons qu’elle contribuera à re-crédibiliser ces hommes d’envergure mais dont certains ont trop abusé par le passé.

  

Ensuite, il est nécessaire de réformer le système actuel de stock-options ; s’il semble nécessaire de les conserver, il faudrait que tous les salariés d’une entreprise puissent y avoir accès. En effet, c’est en recevant directement les retombées de la réussite de son entreprise, via le système capitaliste, que chaque Français salarié se sentira véritablement impliqué dans le succès de sa firme, et par là-même dans une économie de marché que l’on tente trop souvent de désavouer. Et un contrôle toujours plus serré de l’AMF permettra, espérons-le, de faire évoluer les esprits.

 

Ombeline

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